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  • Bérénice Tarcher

Etre belle à la Renaissance


La Renaissance a été une période marquante pour l'art, la culture et la beauté féminine. Les artistes de l'époque ont célébré la beauté féminine à travers leurs œuvres, représentant les femmes de manière idéalisée et souvent romantique.

Au cours de la Renaissance, les canons de beauté étaient influencés par l'idéal antique de la forme physique parfaite. Les femmes étaient souvent représentées comme ayant des formes voluptueuses, des joues roses et des lèvres pulpeuses. Les cheveux étaient longs et souvent bouclés ou ondulés, et les yeux étaient généralement soulignés de noir pour les faire paraître plus grands et plus expressifs.


Les canons de beauté

Ces canons de beauté son résumé par ce paragraphe dit la règle des 3 que tout le monde connaît par cœur :

Portrait de jeune femme, Boticelli, 1480-1485, Tempera sur bois, Stadël, Allemagne

« Trois choses blanches : peau / dents / mains Trois noires : yeux / sourcils / paupières Trois rouges : lèvres / cheveux / ongles Trois longues : corps / cheveux / mains Trois courtes : dents / oreilles / pieds Trois étroites : bouche / taille / entrée du pied Trois grosses : bras / cuisses/ gros de la jambe Trois petites : tétin / nez / tête »




C’est en particulier l’Italie qui impose ces critères au reste de l’Europe. En France, François Ier souhaite être entouré d’une cour de femmes, il veut des « dame belles et gentilles ». Ainsi les femmes ont essentiellement un rôle de représentation, le roi n’hésite pas à dire que « pour recevoir un hôte dignement, il faut dès son arrivée que ses yeux soient charmés par la vue d’une belle femme, d’un beau cheval et d’un beau chien… ».

Cela en dit long sur la place très codifiée de la femme à la Renaissance qu’elle n’existe principalement qu’à travers son image et sa capacité à enfanter. La beauté féminine de la Renaissance était également liée à la culture de la cour. Les femmes de la cour étaient considérées comme les plus belles, car elles avaient les moyens de s'offrir les meilleurs soins de beauté et les dernières tendances en matière de mode.

Bien évidemment, il est impossible de correspondre à tous les critères. Pour cela les femmes avaient recours à des recettes de beauté peu enviables et souvent dangereuses pour la santé.

Portrait de Catherine de Bourbon, Amélie Cordelier de la Noue, 1831-1844, Pau, France.

Voici quelques exemples :

- Pour avoir un blond vénitien, il était conseillé de mélanger un cataplasme à base de levure de bière, d’urine, de lait de chèvre et de laisser le tout sécher au soleil. (Autant vous dire que si vous étiez brune, c’était mal parti pour vous !)

- Pour avoir la peau blanche, on appliquait une poudre blanche à base de mercure en couche épaisse à garder sur plusieurs jours ! Hommes et femmes étaient adeptes de cette mode qui tua indirectement beaucoup de personnes par intoxication aux métaux lourds… Pas la peine de parler de l’état de la peau qui était catastrophique, ce qui incitait à davantage la couvrir… (Cela rappel vaguement nos fonds de teints actuels mesdames… la peau doit respirer !). Certains optaient pour d’autres solutions comme ingérer de la cendre ou du sable pour avoir la peau plus claire…


Mais pourquoi tant de souffrance ?

Et bien c’est encore une histoire de croyance et d’ignorance. On applique, ingère, respire ce qui se rapproche directement ou indirectement à ce que l’on souhaite obtenir.


Je m’explique, si l’on veut briller en société, avoir un teint lumineux et éclatant, pourquoi ne pas boire une décoction à base d’or, le métal le plus précieux ? N’est-ce pas Diane de Poitier (maitresse officielle d’Henri II considéré comme la plus belle femme de son temps…) !


Vous voyez l’idée ? Cela va de pair avec la théorie des humeurs développée dans l’Antiquité par Hippocrate qui est toujours d’actualité à la Renaissance. Mais j’y reviendrai prochainement !

La beauté à la Renaissance peut nous paraître incompréhensible pour nous aujourd’hui, tant les recettes et critères semblent tout droit sortis d’un manuel de l’absurde ! Ils sont néanmoins le reflet d’une période de l’Histoire où le paraître comptait encore davantage que la santé où la beauté était encore un idéal venu de l’antiquité.


A bientôt,

Bérénice Tarcher ✨


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